Ne pas tout attendre du bio

Ma dernière lecture des Dossiers du Canard Enchaîné, « Tout n’est pas vert dans le bio », dossier n°151, a suscité chez moi une désapprobation désormais récurrente. Au chapitre VI, « A la recherche du bio éthique », plusieurs articles mettent en doute les liens de cause à effet entre l’alimentation biologique et les bienfaits sur la santé.

Je trouve cette forme de procès injuste dans la mesure où la mission que se donne le bio n’est justement pas celle de la santé du consommateur. J’exprime ici non seulement une opinion personnelle mais aussi le cahier des charges strico sensu du bio, entendu sous la forme du label agriculture biologique AB. Le bio s’est assigné deux objectifs, le bien-être environnemental et le bien-être animal[1]. Le bien-être environnemental s’acquière par principe via l’utilisation exclusive de produits naturels dans le traitement des surfaces agricoles, avant, pendant et après récolte. Le bien-être animal s’acquière par exemple par la non-concentration des exploitations agricoles ou par une nourriture adaptée aux animaux d’élevages.

Puisque vous êtes particulièrement motivés, rendez-vous ici[2] sur le « RÈGLEMENT (CE) No 889/2008 DE LA COMMISSION ». Au bout de 132 pages, vous constaterez que l’emploi du mot « vitamines » par exemple, n’est employé que pour l’usage éventuel dans l’alimentation des poissons et non la nôtre, consommateurs finaux. Le bio ne s’est pas donné comme cadre de travail votre bilan vitaminique quotidien !

               Trois conclusions en une :

  • Que la production et consommation de bio induise des produits plus riches en goût, en vitamines, et plus bénéfiques sur le bien être de chacun, c’est possible, probable, fortuit, peu importe ! Ne tenons pas rigueur au bio de ne pas remplir ces objectifs et restons circonspects à la prochaine « bonne nouvelle » qu’on nous apporte sur le bio sur l’un de ces sujets (« Manger bio réduit de x% le risque de cancer »),
  • Les autres objectifs que l’on se fixe : manger local, manger équilibré, manger bon, s’obtiennent par un ensemble de mesures beaucoup plus complexes et complémentaires à l’achat bio,
  • Soyons cependant exigeants sur le cahier des charges de l’agriculture biologique, et conscients de ses limites. Par exemple, le règlement bio impose un maximum de 6 poules pondeuses par m2, à l’intérieur du bâtiment de ponte et 2,5 m2 extérieurs par poule contre à peine 550 cm2 en élevage en batteries (soit environ 50 fois moins)[3].  Le bio, sur cet exemple, a une bonne longueur d’avance côté bien-être animal. Néanmoins, il faut continuer d’être vigilant à l’amorce de l’harmonisation du bio au niveau européen, avec la modification éventuelle des seuils de concentration ou de population totale par bâtiment.

Ah, et MyTraiteur dans tout cela ? Patience, je reviendrai dans un article ultérieur sur les raisons pour lesquelles nous ne proposons pas (encore) de formules bio.


[1] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:02007R0834-20130701&from=EN

[2] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:02008R0889-20181112&from=EN

[3] http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.oeufs.org%2Fpourquoi_s_engager.php

Un commentaire sur “Ne pas tout attendre du bio

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s