Faut-il condamner nos avocats ?


Chers convives, pourrait-on sortir par le haut du débat entre défenseurs et pourfendeurs de la consommation d’avocat ?

Je dresse ci-dessous un rappel des arguments des uns et des autres, avec les sources à l’appui pour ceux qui voudront poursuivre l’analyse en détail.

Côté partie civile :

– un produit riche en vitamines, avec environ 20% des apports journaliers recommandés[1] en vitamines A, B6, E et en potassium

– un fruit riche en fibres[2], et en acide gras insaturés bénéfiques pour la santé cardio-vasculaire

– un usage protéiforme : brut à éplucher, à la cuillère, découpé en tranches, en guacamole, tartine ou smoothie

– un goût relativement neutre, quoiqu’une touche de noisette apparaît avec la variété Hass

– une couleur séduisante et une sensation de satiété rapide qui en suit la consommation

Pour résumer, un produit sain, ludique et pratique.

Côte accusation :

– un produit qui s’oxyde rapidement après ouverture

– de mauvaises surprises à l’ouverture de certains d’entre eux (pourris avant de mûrir)

– un produit consommateur d’eau et accélérateur de déforestation[3]

– de multiples points de production dans le monde aux mains de la mafia[4]

– un impact écologique lié au transport, qui doit être réfrigéré[5]

Pour résumer, une catastrophe écologique et sociale.

Une fois ce rappel réalisé, quelle forme d’arbitrage pouvons-nous chercher ? La réponse est à mon sens dans l’adoption du bon respect des saisons et d’un acte de consommateur responsable.

La saison de l’avocat est différente selon les zones de productions mondiales :

« Corse (décembre à mai selon les variétés) ; Espagne (septembre à avril); Mexique (septembre à décembre); Afrique du Sud (mai à septembre); Israël (février à avril pour la variété Hass, novembre à avril pour las autres); Espagne (octobre à avril); Afrique du Sud (avril à septembre pour la variété Fuerte notamment) ; Antilles (août à octobre) »[6]

Ainsi, moi Européen, plus je limite ma consommation aux saisons froides, plus je réduis l’impact écologique et social de ma consommation, en ayant recours à l’avocat espagnol ou israélien, et plus je réduis les interférences mafieuses en laissant aux Américains le plaisir des avocats américains.  

Ensuite, je recommande de n’acheter que des fruits pas encore mûrs. Si nous ne venons chercher que des fruits prêts à l’emploi sur nos étals, nous provoquons un risque des invendus devenus trop mûrs et bons pour la poubelle. Un souci inexistant quand nous surveillons correctement notre stock en cuisine. Qui doit mûrir à température ambiante à l’abri de la lumière, avec une surveillance quotidienne pour les ouvrir au bon moment. Des avocats mûrs sont aussi plus sensibles à la détérioration au transport.

Enfin, réduisons notre consommation de produits à l’avocat là où nous ne pouvons en déterminer l’origine, comme pour les guacamoles achetés en grande surface ou les avocats consommés aux points de restauration.

Ainsi, nous aurons adopté un consomment responsable, sans mesure extrême, pour éviter à l’avocat la peine capitale.


[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Avocat_(fruit)

[2] https://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=avocat_nu

[3] https://www.lemonde.fr/planete/article/2016/08/22/au-mexique-les-ravages-de-la-culture-de-l-avocat_4985916_3244.html

[4] http://www.leparisien.fr/economie/l-avocat-entre-etats-et-mafias-13-06-2018-7770615.php

[5] https://blog.la-pigiste.com/2017/07/07/avocat-delicieux-desastre-environnemental/

[6] https://lewagges.fr/?p=3189

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